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vendredi 28 septembre 2007

Strange Death Of Liberal England

Avant de continuer la série sur nos vieux amis j'aimerais revenir sur le premier album de Strange Death of Liberal England, "Forward March!", passé relativement inapperçu à sa sortie début juillet. J'ai moi-même déjà brièvement évoqué ce groupe de Portsmouth il y a quelques mois lors de la parution de leur premier 45 tours, l'impressionant "A Day, Another Day". Je les comparais à l'époque à un groupe imaginaire dans lequel les membres de Silver Mt Zion reprendraient du Arcade Fire. A l'écoute des huit titres qui composent ce court premier album je peux maintenant rafiner un peu cette description. Imaginez plutôt un Silver Mt Zion laissant toute sa prétention au vestiaire, se concentrant sur le principal, pour créer de vraies petites chansons pop où il n'y aurait pas de place pour les divagations erreintantes de leur leader. Rajoutez à cela l'enthousiasme et l'émotion véhiculés par cinq personnes chantant à l'unisson et vous obtiendrez des chansons concises et puissantes. L'ombre d'Arcade Fire planant lourdement sur la scène du rock indépendant depuis trois ans les assimilations vont pleuvoir mais ce serait injuste de les étiqueter comme imitateurs (même si il est difficile de ne pas penser à "Power Out" à l'écoute de "Oh Solitude"). Arcade Fire eux-mêmes n'ont fait que joliement remettre au gout du jour des recettes déjà testées et approuvées par Talking Heads dans les années 80 ou les Beach Boys avant eux.

"Modern Folk Song" ouvre l'album sur une guitare acoustique et électrique qui s'entremêlent délicatement, servant de fond mélodique aux harmonies d'Adam Woolway. Cette première minute trompeuse est immédiatement balayée par l'artillerie lourde du groupe, leur leader déclarant "Thanks but I'll go my own way" comme un pied de nez à l'aspect conventionnel de leur introduction. Les guitares électriques se font aériennes et la grosse caisse démarre pour rythmer leurs voix à l'unisson. "Oh Solitude", deuxième single du groupe, sonne l'urgence et l'enthousiasme rêveur d'une jeunesse armée de tambourins et de grandes idées ("I paint my dreams upon the wall!"). "A Day, Another Day" reste le single imparable découvert en mars dernier, comme une fanfare découvrant le post-rock. C'est pourtant "An Old Fashioned War" qui vole la vedette sur ce premier album. Le groupe semble y prendre la tête de l'armée fantoche du magicien d'Oz pour la mener au front sur une chanson s'accélérant à la manière d'une kalinka.

Sur "Mozart on 33" Strange Death of Liberal England parvient à éviter le sentiment de redite sur un titre plus faible grâce à l'introduction d'un banjo. Suivent deux titres formant une sorte de diptyque clair/obscur où les meilleurs sentiments du groupe sont contrebalancés sur une chanson où le ton et les instruments se font beaucoup plus agressifs et menaçants. L'album se clos finalement sur un morceau dispensable à la lumière de ce qui a précédé, où le groupe retrouve ses profondes influences et prouve au monde entier qu'ils ont très bien assimilé leur leçon de Mogwai.

Difficile de comprendre pourquoi un album de cette trempe reste aussi confidentiel. Un rapide coup d'oeil sur Hype Machine nous révèle que seuls deux blogs sur les milliers référencés ont évoqué le groupe depuis la sortie de leur album. Une injustice que j'espère contribuer à réparer à ma manière.

Strange Death of Liberal England - An Old Fashioned War



Vidéo de "Oh Solitude"


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mercredi 19 septembre 2007

Vieux Amis (pt 1) : Stars & Okkervil River

Après deux mois et demi d'errances je me retrouve à la tête d'une montagne de nouveaux albums à écouter et digérer. Avant de me lancer dans les découvertes je me réfugie dans le confort des territoires connus, les nouveaux albums de quelques vieilles connaissances. Impressions

Stars - In Our Bedroom After the War

Je n'ai jamais été très client des canadiens de Broken Social Scene. J'ai pourtant longtemps essayé. C'est finalement après un concert légèrement ennuyeux que j'ai capitulé, ce groupe ne me touche pas. Tout le contraire du projet parallèle de Torquil Cambpell et Amy Milan, Stars. "Set Yourself on Fire" fut un de mes disques de chevet en 2005 et leur concert à la rotonde du Botanique de Bruxelles reste un de mes plus beaux souvenirs de scène (et je ne pense pas trop m'avancer en disant que ce le fut également pour eux si on en croit un Torquil au bord des larmes répétant entre chaque morceau que c'est le plus bel endroit dans lequel ils aient jamais joué, leur meilleur concert). Que penser donc de ce nouvel album qui contient à la fois le meilleur et le pire de la carrière du groupe? Si l'on s'arme de son bouton skip, c'est une belle réussite, le digne successeur de "Set Yourself on Fire". Après une petite intro rythmée par un battement de coeur "The night starts here" ouvre le bal de manière ambiguë. Opposition entre des nappes de synthétiseur et de basse saturées de feedback et les voix de Milan et Campbell qui se répondent. Passé la première surprise il faut reconnaître que cela fonctionne plutôt bien. "Take me to the Riot", premier single annoncé, est calibré FM. Leurs deux voix à l'unisson dans les couplets et un refrain accrocheur, rapide, où Campbell peut se se lâcher. Jamais conventionnel pour autant.

L'album coule ensuite (très) joliment jusqu'à "Ghost of Genova Heights" où Campbell déchaîne son funk intérieur. L'effort est louable mais n'est pas Prince qui veut. Skip. Comme sur tous les albums de Stars à ce jour (c'est leur quatrième), la deuxième partie (Face B?) est sensiblement plus faible que la première mais reste de bonne facture si on oublie "Barricade" qui semble tout droit sorti d'une comédie musicale américaine sur la révolution française. L'album se termine par contre sur un titre monumental, peut-être mon préféré de Stars à ce jour, où Campbell y réussit tout ce qu'il a raté sur "Barricade". Bien sûr il faut ranger sa carapace au placard. De toutes façon Stars n'a jamais été un groupe pour machos. Je ne peux m'empêcher de penser au "I Fought in a War" de Belle And Sebastian en l'écoutant. C'est une overdose de sucre (Campbell n'a jamais aussi bien crooné), truffé de bons sentiments ("Listen the birds sing! Listen the bells ring! The War is over!"), pompeux à souhait (merci les violons et l'envolée). Ca pourrait très bien être le bouquet final de leur comédie musicale. Pourtant c'est parfait.


Stars - In Our Bedroom After the War


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Okkervil River - The Stage Names


J'ai déjà longuement évoqué "Black Sheep Boy" dans ces pages virtuelles. Tout comme Stars, le précédent album d'Okkervil River a longuement usé mon lecteur. Will Sheff et sa bande nous reviennent deux ans plus tard et une chose est sûre, ils veulent réclamer leur dû. "Black Sheep Boy" a rencontré un beau succès d'estime mais ne les a pas (et c'est injuste), révélés à un plus large public. Ils l'ont mauvaise. Will a sorti sa guitare éléctrique et la grosse caisse est dépoussiérée. Le ton est donné immédiatement sur "Our Life is not a Movie or Maybe". Ce disque sera résolument rock, le son plus gros. Fini de se lamenter avec une guitare acoustique dans des jardins fleuris (cfr concerts à emporter). Les rythmes s'accélèrent, les pianos se saccadent et un solo de guitare électrique couillu fait même son apparition. La voix de Sheff douce et grave dans les moments plus calme vire à l'aigu quand il s'excite et il dévoile une agressivité qu'on ne faisait que lui soupçonner jusqu'à maintenant. Sur "A Hand to Take Hold of the Scene", le troisième morceau de l'album, le groupe surpris par tant de hargne semble tenter d'adoucir le propos de son chanteur en lui joignant quelques coeurs féminins et une section cuivre.

Comme s'il avait compris le message, Sheff fait un virage à 180°. "Savanah Smiles", une berceuse rythmée par une horloge et menée au xylophone. Tant pis pour ceux qui avaient succombé à ce côté plus sombre, la suite de l'album sera résolument plus calme. "Plus Ones" aurait pu figurer sur "Black Sheep Boy", c'est de l'Okkervil River pur jus. Simple et beau. Quelque part à la croisée des chemins de l'americana et du folk. Will Sheff y console une amie comme seul un homme qui a également beaucoup souffert peut le faire, "No one wants to hear about your 97th tear...". Par le passé il aurait peut-être interprété cette chanson seul à la guitare mais aujourd'hui il s'adjoint d'un piano et de cuivres. C'est là la principale faiblesse de l'album. Tous les instruments qui entourent Sheff durant les moments plus calmes ne parviennent pas véritablement à convaincre. Un sentiment que l'on retrouve malheureusement trop souvent sur des chansons en demi-teinte. Okkervil River fonctionne le mieux en mode rock sans complexe ou complètement dépouillé mais peine à trouver un juste milieu. Les titres plus calmes teintés d'americana à coup de pedal steel et de piano semblent trop chargés et on se surprend à n'apprécier véritablement que les passages où Will Sheff se retrouve seul. Ce juste milieu ils en sont pourtant capables, la preuve avec le superbe "Title Track" où la voix et les instruments parviennent à se compléter sans jamais se mélanger.

« Black Sheep Boy », s’ouvrait sur la reprise de la chanson de Tim Hardin du même nom. Cette fois-ci les Okkervil River décident de rendre hommage à un de leurs aînés en clôture d’ album. « John Allyn Smith Sails » se transforme petit à petit en « Sloop John B » de Brian Wilson. « I feel so broke up, I want to go home ». Bien malin celui qui décèlera un thème récurrent…


Okkervil River - Our Life is not a Movie or maybe



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jeudi 9 août 2007

Benjy Ferree

J’interromps le calme relatif de ces mois d'été pour vous entretenir de Benjy Ferree dont le premier album "Leaving the Nest" est passé relativement inaperçu en ce début d'année malgré une sortie sur Domino. Découvert aux hasards de mes pérégrinations sur Internet, ses chansons m'avaient séduites mais je ne m'y étais pas attardé étant donné l'avalanche de nouveautés à cette période. Depuis quelques semaines j'y suis pourtant revenu et c'est en passe de devenir un de mes albums de l'été.

Ces dix chansons sont un petit condensé d'histoire de la musique contemporaine américaine. Le voyage commence quelque part en Louisiane avec"In the country side", un habile mélange entre un rythme cinq temps qui n'aurait pas déplu aux pionniers du Jazz et une guitare tantôt acoustique, tantôt électrique saturée. Le tout est assemblé en une chanson pop digne des Kinks. Changement de ton radical sur "Dogkillers" qui nous ramène vers les mégapoles sales et embrumées du Nord, influences Stooges et garage rock prennent le dessus. Benjy Ferree nous rapatrie ensuite dans le Bayou, il a enfilé son costume de Charles Ingals, a posé le pied sur le tabouret et nous offre une petite berceuse mélancolique au violon pendant que Caroline sifflote et gratte sa planche à laver avec ses doigts chapeautés de dés à coudre. Il reprend ensuite sa carriole, le brin de paille aux lèvres, et se dirige vers la Californie en entonnant avec une voix éreintée par les folies de la veille "The Desert", une balade ensoleillée de banjo et de maracas, . En chemin il se souvient de son enfance et d'un amour passé qu'il nous conte dans une sorte de gospel nostalgique sur "Private Honeymoon".

Benjy Ferree semble sortir du même moule qu'un Jack White, avec des influences très diverses parfaitement assimilées et assumées. Son chant ressemble par moments fortement à celui du leader des White Stripes, particulièrement sur des titres tendus comme "Leaving the Nest". Passé "Hollywood Sign" la qualité pique malheureusement du nez. Cela reste très agréable mais ne retient plus vraiment l'attention. Il réutilise des recettes qui fonctionnaient bien sur les sept premiers titres de l'album mais ici ça ne parvient plus vraiment à décoller. "In the Woods" par exemple démarre très joliment avec un texte enfantin rappelant les plus beaux moments de Daniel Johnston puis s'enlise dans un refrain de "Sleeeeeeeep" tiré en longueur qui laisse un goût d'inachevé. Benjy Ferree est une sorte d'épicier qui mets à l'avant de son étalage ses plus beaux fruits et légumes, très variés et alléchants et range un peu plus en retrait ceux qui ont quelques coups et taches mais qui restent tout à fait mangeables. Le tout nous donne donc un premier album très réussi dans lequel il nous présente toute sa palette de talent à ce jour mais qui manque parfois d'un petit peu de cohésion. Peu importe pour l'instant, je sens que cet homme ne fait que commencer...


Benjy Ferree - In The Countryside




Benjy Ferree - The Desert



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dimanche 15 juillet 2007

Beirut - Live à Berlin 05/07/2007

Me voilà rentré d'un road trip d'un peu moins de dix jours en Allemagne dont les points musicaux culminants furent le concert de Beirut à Berlin et un concert secret de Justice au 4e étage d'un bunker à Hambourg. Repartant demain pour quinze jours je ne dispose pas d'énormément de temps. Voici donc juste quelques photos de Beirut... J'ai redimensionné les photos pour pouvoir en mettre plusieurs, des versions haute qualité sont disponibles sur demande.









lundi 25 juin 2007

Beirut - Live Glastonbury 2007

Difficile de ne pas avoir entendu parler de Beirut. Dans deux semaines je pars le voir spécialement à Berlin. En avant première pour tous ceux qui vont le voir sur cette tournée, en souvenir pour tous ceux qui l'ont déjà vu, afin de compenser un peu pour ceux qui ne le verront pas, la BBC a mis en ligne un enregistrement d'une partie de son concert à Glastonburry ce week-end. Il y joue consécutivement Prenzlauerberg (un quartier de Berlin fort sympathique de surcroit), Postcard from Italy, une nouvelle chanson, Elephant Gun, The Canals of our City et une deuxième nouvelle chanson . Je suis toujours sidéré qu'il n'ait que 21 ans...

Son prochain album sortira en octobre, fortement inspiré par la chanson française et Jacques Brel en particulier apparament. Il reprend d'ailleur "le moribond" en face B de son nouveau single Elephant Gun, chanson déjà disponible depuis longtemps sur le Lon Gisland EP que la plupart d'entre nous ont obtenu en bonus en achetant Gulag Orkestar. Cet album sera donc sensiblement différent de son premier, c'est certain. Quelque chose me dit qu'on assiste à l'éclosion d'un grand artiste. Confirmation en octobre.

Je ne peux pas implémenter la vidéo de la BBC sur ce blog, rendez vous donc ICI.

Par contre, je peux mettre quelques photos





et une petite chanson inédite...
Beirut - Beluga (demo)

jeudi 21 juin 2007

Brian Wilson - Bruxelles 20/06/2007

Avant toute chose, j'ai réalisé qu'il y avait une option dans Blogger pour permettre à n'importe qui de mettre des commentaires sans devoir être enregistré pour autant. Cela ne m'aura pris que cinq mois pour la trouver. Enfin, c'est fait, à vos commentaires donc!

Lou Reed a eu 65 ans le 2 mars, Brian Wilson a fêté son 65e anniversaire hier à l'Ancienne Belgique. Je passe des mois sans voir un seul musicien de plus de 30 ans et puis en trois jours je vais assister à deux concerts de sexagénères. J'imagine qu'on les sort pour l'été.

Difficile donc de ne pas comparer. Les deux hommes ont beau avoir le même age ils n'abordent pas pour autant leur tournée de la même manière. D'un côté nous avons Lou Reed qui, dans sa grande bonté, gratifie son public d'une prestation live d'un de ses albums phare. Ses motivations ne sont pas très claires, ça ne lui ressemble pas. Ce qu'on sait c'est qu'au fur et à mesure de ses albums son public a fondu... puis en reprenant Berlin, il rempli à nouveau des grandes sales. Et malgré tout son dédain, il a l'air d'y prendre beaucoup de plaisir. De l'autre côté nous avons Brian Wilson qui, plus ou moins absent depuis trente ans, renoue avec son public et enchaine ses plus grands succès avec un plaisir apparent. Lequel de ces deux mastodontes remporte le round? Nous ne sommes pas dans un tabloïd anglais, il n'y a pas de gagnant. Les deux concerts étaient nostalgiques et professionnels.

Ce concert de Brian Wilson fut une expéricence totalement anachronique. Toutes les chansons jouées ont connu leur heure de gloire dans les années 60, même si ce n'est pas tout à fait le cas du public, mélange intergénérationnel, preuve supplémentaire de l'intemporalité des grands succès des Beach Boys. Sur scène, Brian Wilson est le pivot central d'un show à l'ancienne. Tout y est réglé comme du papier à musique (j'imagine que la setlist est la même chaque soir). Les tubes s'enchainent les uns après les autres, souvent introduits par des petites phrases ou dialogues bien répétés entre Brian et les musiciens. "- I wanna go on a holiday! - Where do you want to go Brian ? - I want to go to ... Hawaii!" et c'est parti pour "In blue Hawaii". Cela ne sonne pourtant pas faux, c'est simplement surjoué, théatral. On est loin de l'artiste qui fait la même blague tous les soirs en feignant le naturel. Même lorsque l'un des musiciens arrête Brian Wilson au début d'une chanson pour faire chanter un "Happy Birthday Brian" à la foule cela parait complètement orchestré. Aucun groupe contemporain ne parviendrait à s'en tirer avec des coups pareils de manière aussi attachante. L'âge et le baggage de Brian Wilson lui confèrent un certain panache, et on lui pardonne beaucoup.

La musique, tout le monde la connait, il n'y a pas de surprises. La majorité de son set est consacrée aux grands classiques issus des albums Pet Sounds et Smile. Wouldn't It Be Nice et Good Vibrations déclenchent évidemment des tonnerres d'applaudissements mais il n'oublie pas non plus de glisser des petites perles comme God Only Knows et Sloop John B. Ils pourraient jouer des heures sans qu'un seul morceau nous soit inconnu. L'orchestre de dix musiciens derrière Brian Wilson assure le spectacle sans une fausse note, sans une extravagance non plus. L'ex-Beach Boys reste lui assis, au centre de la scène, derrière son clavier, dernier rempart entre lui et le public. Sur la plupart des morceaux il se contente d'assurer le chant, de fort belle manière d'ailleurs. Hormis quelques couacs par ci par là sa voix n'a pas changé, fidèle aux versions que nous avons tous appris à connaitre. De temps à autres ses mains effleurent les touches de son clavier mais il ne dupe pas grand monde. On voit très bien les deux autres musiciens s'excitant sur leurs synthétiseurs juste derrière lui. Tous les classiques y passent mais il garde le meilleur pour la fin. Un rappel, enchainant sans interruption, Johnny B Good, Help Me Rhonda, Barbara Ann, Surfin' USA et Fun Fun Fun. Difficile de sortir de la sale sans sourire.

Alors, pour ou contre ce style de concerts revivaliste? Personellement, j'ai du mal à camoufler un sourire cynique lorsque qu'on me tend un flyer les annonçant. Brian Wilson et Lou Reed sont pourtant la preuve que cela peut être bien fait.


The Beach Boys - God Only Knows



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lundi 18 juin 2007

Lou Reed - Berlin - Bruxelles 18/06/2007

Je ne comptais pas y aller. Ca ne pouvait pas être bien. Une chorale d'enfants était annoncée. Rien que d'imaginer un choeur accompagner Caroline Says de petit "doo doo" et autres "hou hou" devrait être assez pour décourager le fan le plus avide. “I only do this every thirty years. One time, one time only. You can tell your kids you saw Lou Reed’s Berlin.” écrivait-il avec son arrogance si charactéristique dans le communiqué de presse annonçant la tournée européenne. Cette déclaration aurait du me convaincre une fois pour toute de ne pas y aller. En plus, ce capitaliste a fixé le prix des places entre 40€ et 80€. C'est sûr je n'y vais pas! Puis, hier en repensant à ce concert j'ai réalisé que Lou avait raison. Le con. Il allait jouer Berlin dans son intégralité à 15 minutes de chez moi et il fallait que j'y sois, ne fut-ce que pour pouvoir le dire à mes enfants. On tente alors de se trouver des excuses, Julian Schnabel a fait la mise en scène, sa fille a fait des projections incroyables, si ça se trouve le bus de la chorale aura crevé un pneu... Et puis merde. J'y vais.

Je décide de donner au destin une dernière chance de m'empêcher d'y aller en me rendant à Forest National armé d'un seul billet de 20€. Après 15 minutes d'attente des fans désespérés me revendent à contre-coeur une place à 80€, dans le parterre, pour ce seul billet bleu. Je ne peux plus faire demi-tour. J'entre dans la salle qui pue déjà le hamburger, passe à côté du stand de T-Shirt à 30€, évite l'ouvreuse et trouve ma place. Ambiance parfaite pour un Rock 'N Roll Animal. Les sièges étant numérotés le couple à qui j'ai acheté la place ne tarde pas à me rejoindre. Sourires gênés. La salle est bien remplie sans toutefois afficher complet et des images d'un ruisseau sont projetées sur un grand drap blanc derrière tous les instruments. Ca a l'air plus sobre que prévu finalement. Lou Reed n'est peut-être pas encore complètement mégalo. Les lumières s'éteignent et le drap blanc se retire pour laisser place à un décor composé de draperies bourgeoises du 18e siècle avec devant-elles ce qui semble être un canapé pendu verticalement. La chorale de 15 jeunes filles est bel et bien là, en tenue de paroisse, accompagnées d'un petit orchestre de huit cordes et cuivres en smoking turquoise. Tout en subtilité ce Lou.


L'introduction de Berlin ("Ein Prosit, Ein Prosit" suivit du "Joyeux Anniversaire") retentit pendant que les musiciens trouvent leurs marques. La chorale entre en action et là surprise, elle n'est pas trop envahissante. Elle accompagne subtilement les morceaux. Berlin, Lady Day et Men of Good Fortune passent en un éclair mélodique. Arrive Caroline Says, la chorale se rassied, on ne les entendra plus jusqu'à The Bed, et Lou entre véritablement dans son concert. La suite est magnifique. On connait tous les morceaux et ces réditions live n'ont pas à pâlir devant les enregistrements. Mon voisin n'est visiblement pas du même avis puisqu'il choisit ce moment pour quitter définitivement le concert. Un amateur de Lo-Fi sûrement. Le quatuor final de Berlin, Caroline Says II, the Kids, The Bed et Sad Song cloturent ce moment en beauté. Lou avait une nouvelle fois raison, la chorale a tout à fait sa place dans ce spectacle. Pour la mise en scène de Julian Schnabel il faudra repasser par contre. A part choisir l'emplacement des musiciens, le décor et la couleur du T-Shirt de Lou peut-être on ne peut pas dire qu'il se soit foulé. Le concert est on ne peut plus statique. Les projections de Schnabel Jr sont également vite reléguées aux oubliettes. On préfère faire fit de tous les artifices qui ont en partie servi de prétexte à notre venue pour se concentrer sur la musique. Ces 50 minutes avaient tout pour déplaire. Cher, pompeux, intéressé, opportuniste, etc. Je crois que beaucoup auraient aimé pouvoir dire qu'ils n'ont pas aimé. Seulement voilà, Lou Reed s'en sort très bien.

Berlin se termine, le groupe quitte la scène pour revenir quelques minutes plus tard avec une trilogie de "crowd pleasers". Lou Reed colle à son concept, on l'aurait mal vu resortir une obscurité tirée de The Raven à ce moment-ci. Il lâche Sweet Jane, Satellite of Love et Walk on the Wild Side. Le public exulte mais c'est un peu moins réussi que la première partie. Lou se contente de chanter les mots "Sweet Jane..." et laisse sa choriste faire le reste. Satellite of Love accompagnée d'une chorale atteint comme vous pouvez l'imaginer les sommets du kitch. Lou sourit tout au long de la chanson et se plait à jouer au chef d'orchestre devant ses quinze jeunes filles. Walk on the Wild Side cloture le concert de manière très convenue mais pour rien au monde on ne serait reparti sans... Je pensais qu'il allait revenir faire Perfect Day tant qu'on y était mais c'en était visiblement trop.

And all the girls said : dou, dou dou...


On les connait tous mais ça ne fait jamais de tort...

Lou Reed - Caroline Says II



Lou Reed - The Kids




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