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mardi 8 janvier 2008

Made in Deutschland 2007 : Introduction

La musique contemporaine allemande à toujours eu beaucoup de mal à s'exporter. L'allemand est une langue dure, gutturale, peu appréciée en chanson dans les pays où elle n'est pas pratiquée. Ce faisant, rare sont les groupes germanophones qui parviennent à percer à l'international. La mémoire collective européenne se rappellera probablement de la sympathique Nena et son "99 Luftballons" dont le succès ne fut réellement scellé qu'après une version en anglais, de la torture musicale que fut le "Ein Zwei Polizei" de Modo au début des années 90, ou bien plus récemment du "Durch den Monsun" des ineffables Tokio Hotel et leur chanteur issu d'un croisement entre Tina Turner (version 80) et Victoria Beckham. Pas de quoi épater la planète entière en somme. La musique allemande recèle pourtant de petits bijoux que j'essaye régulièrement de dénicher en tant que germanophile convaincu. Ces quelques dernières années le pays de Goethe nous a gratifié de quelques très bons groupes ayant atteint une certaine notoriété dans leur pays mais incapables de franchir le Rhin, encore moins un océan. Je vous propose donc dans les sept prochains jours, au rythme d'un court billet par jour, de découvrir certains des meilleurs morceaux du rock "indie" allemand de 2007. Ces sept billets n'auront pas la prétention de vous faire découvrir l'"underground" allemand, les groupes présentés sont relativement bien établis outre-Rhin, mais plutôt de jeter un regard curieux sur quelques groupes dignes de notre intérêt .

samedi 5 janvier 2008

Ola Podrida

En guise de premier billet de 2008 j'ai choisi de revenir sur un des albums qui est parvenu à se hisser dans mon top 11 de l'année 2007 et dont je n'ai encore jamais parlé. Ola Podrida est un projet musical mené par David Wingo, jusqu'ici plus connu pour son travail en tant que créateur de bandes originales pour films indépendants américains. Il a ainsi entre autres composé la musique de Snow Angels, Guatemalan Handshake ou encore All the Real Girls, tous réalisés par David Gordon Green. Oui, moi non plus. Quoiqu'il en soit cet américain a sorti en toute discrétion mon album de folk délicate préféré de l'année dernière. Sorti en mai, ce n'est que fin novembre à l'heure ou les sites spécialisés commençaient déjà à compiler leurs listes de fin d'année que j'ai découvert sa musique. Coup de foudre immédiat et bienvenu après la légère déception que fut pour moi le dernier Iron&Wine (avec qui les comparaisons sont inévitables).

David Wingo et sa bande s'exposent donc avec ce premier album éponyme pour la première fois au premier plan. Plus question d'accompagner les images d'un autre, la musique est maintenant l'unique centre d'intérêt. Le cinéma n'est pourtant jamais très loin car ils lui empruntent quelques techniques de narration. Tous les titres de cet album sont de véritables petites histoires dans lesquelles Wingo aime planter le décor ("The car crashed, everybody was OK"), décrire l'ambiance ("Dogs sleeping out in the yard, cats upon the roof"), créer des scènes d'action (le personnage de "Cindy" qui s'engoufre dans un bâtiment en flammes par exemple) et ménager des rebondissements mélodiques. Il accompagne son chant murmuré d'orchestrations discrètes à la guitare sèche. Ola Podrida est un groupe mais la plupart des titres restent pourtant dans un registre très dépouillé où le seul autre instrument est un tambourin ou une maracasse donnant le rythme. En tendant l'oreille on découvre pourtant d'autres instruments subtilement amenés. Une deuxième guitare qui s'entremêle, une troisième, quelques notes de piano ou d'orgue, une flute traversière, qui parviennent tous à se faire oublier au profit de l'ensemble. Certains morceaux comme "Lost and Found" ou "Jordanna" n'hésitent pourtant pas à rompre la quiétude qui s'était installée. La machine s'emballe et David Wingo s'époumone légèrement offrant ainsi à l'auditeur une diversité bienvenue, rendant la quiétude à suivre d'autant plus agréable. Avec de telles qualités, ils sont les bienvenus pour réaliser la B.O. de ma vie quand ils veulent.


Myspace - Insound


Ola Podrida - The New Science

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Ola Podrida - Jordanna

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jeudi 27 décembre 2007

Bilan d'une année musicale

Mois de décembre très calme sur entre nous soit dit, comme vous l'aurez peut-être remarqué. Ce n'est pourtant pas par manque d'inspiration, de coups de coeur musicaux ou de sujets à aborder, simplement un manque de temps dû à des déplacements à l'étranger et un agenda chargé. Tout cela ne m'a néanmoins pas empêché d'écouter des nouveautés, de réécouter quelques perles plus anciennes et d'assister à des concerts mémorables dont je vous entretiendrai probablement dans les prochaines semaines. Ce blog continuera donc en 2008, après une première année très agréable et un succès d'estime inattendu. Il restera pour moi un simple plaisir, né d'une envie d'écrire et de partager. La fréquence des billets ne s'accélèrera pas, l'objectif est toujours de un par semaine. L’idée est de me permettre de ne pas devenir esclave de mon passe-temps, de tenter d'écrire des billets réfléchis, et d’éviter l’overdose aux lecteurs réguliers (personnellement je ne lis quasiment aucun blog régulièrement, leur rythme m'épuise).

Pour cloturer cette année 2007, je ne peux m'empêcher de succomber au vice de tous les nerds musicaux, les listes de fin d'année. 2007 fut un très bon cru en ce qui me concerne: plusieurs grandes découvertes, quelques très beaux albums d'artistes confirmés et une proportion inhabituelle de concerts qui ont fait leur entrée dans le hit-parade des plus belles expériences live de ma vie (liste que je n'ai en fait jamais tenté d'établir). Je ne suis pas un grand amateur de ce genre de listes. Je suis en fait complètement incapable d'établir un top10 officiel de mes albums préférés de cette année. Mon appréciation de la musique dépend tellement de mon humeur, du lieu ou encore de la période de ma vie à laquelle je l'écoute. L'album qui m'a complètement scotché il y a quelques mois peut très bien être en train d'accumuler la poussière à l'heure qu'il est, non pas parce que je ne l'aime plus mais parce que je manque d'envie de l'écouter à ce moment précis. Une quelconque tentative de classement de fin d'année serait inévitablement biaisée par les albums qui me passionnent à l'heure ou je compile la liste. Voici donc, par ordre alphabétique, les onze albums qui m'ont le plus marqué cette année (onze parce que je ne sais pas lequel je pourrais retirer de la liste pour arriver à dix). Certains dont j'ai parlé, certains dont je n'ai pas parlé, certains dont je parlerai peut-être.

  • Elliott Smith - New Moon
  • Frog Eyes - Tears of the Valedictorian
  • Handsome Furs - Plague Park
  • Hearts of Black Science - The Ghost you Left Behind
  • Marissa Nadler - Songs III : Bird on the Water
  • Napoleon IIIrd - In Debt To
  • Okkervil River - The Stage Names
  • Ola Podrida - Ola Podrida
  • Panda Bear -Person Pitch
  • Sunset Rubdown - Random Spirit Lover
  • The National - Boxer

Les deux enregistrements que j'ai le plus écouté cette année n'étaient pourtant pas des albums, mais bien des EP.

  • Adam Gnade & Youthmovies - Honey Slides
  • This Town Needs Guns - Split (with Cats and Cats and Cats)


Voilà pour les enregistrements. C'est pourtant en live que j'apprécie le plus la musique. Voir les morceaux que l'on connaît prendre vie, être retravaillés, être livrés sans intermédiaires peut-être source d'une satisfaction bien plus élevée qu'un enregistrement, comme cela peut être une déception. L'expérience live est pour moi indissociable de la musique en général. A l'aide de mes places usagées et de ma pauvre mémoire, j'ai pu totaliser 75 concerts en 2007, le véritable nombre se situe probablement un peu au dessus étant donné que j'ai probablement oublié quelques premières parties qui n'ont pas laissé de traces. Malheureusement pas de festival d'été cette année, j'espère me rattraper l'an prochain. Parmi ces 75 concerts je me sens beaucoup plus capable de dresser un classement que pour les albums. Certains artistes qu'on adore déçoivent, d'autres surprennent. Voici donc, dans l'ordre cette fois, ceux qui en 2007 m'ont laissé sur mon derrière.

  1. Akron/Family @ AB-Club - 17.04.07 - Bruxelles
  2. Justice @ Übel und Gefärlich - 12.07.07 - Hamburg
  3. Patrick Watson @ Botanique Rotonde - 10.05.07 - Bruxelles
  4. Scout Niblett @ La Chapelle de Boondael - 30.05.07 - Bruxelles
  5. Okkervil River @ Knust Club - 27.11.07 - Hamburg
  6. Emmy the Great @ King's College - 06/11/07 - London
  7. The Blood Brothers @ Trix - 29.01.07 - Antwerpen
  8. Frog Eyes @ D-Cliq - 31.10.07 - Luxembourg
  9. Handsome Furs @ Cactus - 07.10.07 - Brugge
  10. Beirut @ Postbahnhof - 05.07.07 - Berlin


En espérant que le cru 2008 soit aussi bon que le cru 2007, je vous souhaite une bonne année.

lundi 26 novembre 2007

Jonquil

Alors que l’hiver frappe à la porte l’envie de nous réchauffer au coin du feu de bois nous prend, un Jack Daniels à la main bien sûr, et les pieds solidement engouffrés dans la fourrure d’un ours blanc, cela va de soit. A cette petite scène bucolique loin du cliché hivernal manque pourtant un élément, la bande son. Ces quelques dernières semaines, « Lions », le deuxième album de Jonquil s’est montré un compagnon d’hibernation idéal. Les orchestrations légères et détachées y créent une atmosphère totalement envoûtante, évoquant tantôt la nonchalance parfaitement maîtrisée du premier album lo-fi de Akron/Family (« Lily »), tantôt la douceur de vivre aux teintes western d’Iron & Wine (« Magdalen Bridge »), ou encore certains passages de beauté nostalgique du « Tower of Love » de Jim Noir (« Sudden Sun »). Ce « Sudden Sun » justement est un bel exemple de l’étendue de la palette mélodique et rythmique du groupe, capables avec un simple rythme de métronome et quelques harmonies de transformer une balade sensuelle en un petit hymne joyeux à reprendre entre amis.

Mélangeant sans prétention des éléments puisés dans la pop, le folk, le post-rock et même le gospel, Jonquil séduit sans noyer l’auditeur. Ils nous ménagent même de subtiles transitions instrumentales entre les moments les plus forts du disque. La délicatesse et la fluidité avec laquelle ils mènent l’auditeur à l’un des points culminants de leur album, « Lions », est consternante. Quelques légères notes de xylophone se transforment en un rythme d’accordéon parisien ouvrant la voie à une chorale contant quelques brefs instants l’histoire d’un monde ou les lions auraient remplacés les hommes. Sorti de nulle part, ce morceau y replonge aussitôt, accompagné de bruits d’orage. On aimerait le suivre, voir ce qu’il advient de ce spectre rapidement évanoui mais le groupe à d’autres projets pour nous, d’autres horizons à nous faire découvrir.

Tout n’est pourtant pas réussi. Des titres comme « Whistle Low » manquent de peu de sombrer dans le grotesque lorsque les différents chanteurs prennent des voix graves et on ne peut s’empêcher d’éprouver un léger sentiment de redondance arrivant à la fin de l’album. Un goût d’inachevé également sur certains morceaux comme « Sleepy Little Pudding » où les bonnes idées et jolies cordes sont rapidement écartées pour laisser place à des divagations à l’intérêt limité. C’est là un des partis pris du groupe auquel il faut se faire pour réellement apprécier l’album, les plus beaux moments sont de courte durée. « I guess I should be afraid, thing is that’s a big decision » déclarent-ils, résumant ainsi parfaitement leur musique, ambitieuse mais insouciante. Enormément d’idées, d’assemblages et de bricolages qui entre les mains d’un autre groupe pourraient vite atteindre des sommets d’autosuffisance mais qui sur l’album de Jonquil s’imbriquent joliement, se complètent, ravissent et disparaissent bien avant de pouvoir être saisis.


Jonquil - Sudden Sun

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Jonquil - Lions

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Myspace

En rédigeant cette chronique je suis tombé sur un « Concert à Emporter » de la Blogothèque

avec Jonquil. Ce serait dommage de ne pas en profiter.






vendredi 23 novembre 2007

Blood Brothers R.I.P.


Après des semaines de rumeurs la nouvelle a été communiquée officiellement via leur site internet, les Blood Brothers ne sont plus. "Young Machetes", leur cinquième album sorti fin 2006, décrié comme leur pire opus par les fans de longue date était pourtant un de mes disques de l'année. Après un premier essai en demi teinte sur l'album précédent "Crimes", ils y avaient enfin trouvé l'équilibre entre les cris stridents et autres hurlements caractéristiques et leur sens de la mélodie qu'on leur soupçonnait depuis "Burn Piano Island Burn" mais qu'ils s'obstinaient depuis toujours à ensevelir sous leur son brutal. Beaucoup ont pensé qu'ils s'étaient ramolis mais ils livraient en réalité un album beaucoup plus subtil et varié. D'entrée de jeu les Blood Brothers donnaient le ton avec leur plus grand single, "Set Fire to the face on fire". Véritable hymne pyromane, à hurler dans sa voiture en reproduisant maladroitement les percussions sur son volant. Loin d'être un coup dans l'eau ils surenchérissaient sur le même album avec l'immense "Laser Life". "Young Machetes" est en fait l'album le plus chantable du groupe. Impossible de s'empêcher de les accompagner sur "Spit Shine Your Black Clouds" qui frole la balade romantique pour eux, d'hurler pendant "Vital Beach", d'entonner les "wooh-oh, oh oh oh!" de "Huge Gold AK-47", etc. C'est sans aucun doute mon album préféré des Blood Brothers et celui vers lequel je reviendrai le plus.

Les Blood Brothers ne sont donc plus et avec eux c'est tout un pan de mon univers musical qui est menacé d'extinction. Je ne veux pas être condamné à n'assister qu'à des concerts de folkeux pleurant sur leur guitare acoustique et autres bizaroïdes s'entourant de boites à rythme, pedales loop et synthétiseurs bricolés. Quel groupe pourra à l'avenir me fournir le bon concert énervé semestriel? Le paysage est loin d'être rose pour l'instant. Je ne crois pas en la reformation de Rage Against The Machine, At The Drive-In ont jeté l'éponge il y a des années, Death From Above 1979 aussi, Mclusky n'en parlons pas... Heureusement aucun des musiciens ne sont morts et ils sont tous actifs dans d'autres projets mais aucun n'atteignent le niveau du groupe qui a fait leur renommée. Jaguar Love et Neon Blonde, tous les deux issus des Blood Brothers peinent à convaincre. J'ai jamais pu encaissé The Mars Volta et malgré un bon premier album Sparta semble devenu un brin anecdotique. Seul Future of the Left, issus des cendres de Mclusky, sortent leur épingle du jeu avec "Curses" un des meilleurs albums de rock couillu de l'année.

Le quintet de Seattle nous quitte au sommet de son art, ça vaut probablement mieux comme ça. Avec leurs cinq albums et les deux concerts auxquels j'ai assisté (Pukkelpop 2005, Trix 2007) ils auront au moins contribué honorablement à me détruire les tympans. Merci.

vendredi 9 novembre 2007

This Town Needs Guns

La chronique des quatre titres de This Town Needs Guns présents sur l'album qu'ils partagent avec Cats and Cats and Cats, sorti mi septembre sur le label indépendant Big Scary Monsters (Yndi Halda, Meet me in St Louis, Jeniferever) me trotte dans la tête depuis quelques temps. J'écoute ces chansons tous les jours depuis des semaines, souvent plusieurs fois par jour, et je peine à identifier ce qui me séduit tellement chez ce quintet d'Oxford. Formation classique guitare/voix/basse/batterie/piano pratiquant un rock à la croisée des chemins de l'indie londonienne et des techniciens mélodiques du Nord de l'Angleterre on ne peut pourtant pas dire que le groupe révolutionne un genre. Peut-être est-ce le jeu de guitare, beau et rapide, technique sans en faire trop, privilégiant constamment la mélodie à la prouesse, dénué d’accords traditionnels, qui transforme véritablement la guitare en une deuxième voix, un second vecteur d'émotion. Ou encore ce piano qui accompagne subtilement les moments les plus doux de leur musique, sachant se faire oublier lorsqu'il n'est pas nécessaire, pour revenir en beauté souligner les plus beaux passages. Ou tout simplement la voix de Stuart Smith, toujours dans la retenue, parfaite pour des déambulations nocturnes nostalgiques dans les ruelles d'une ville pluvieuse. Nos groupes préférés ont tous un moment optimal pour être écoutés et pour moi c'est dans cette situation que j'apprécie le plus This Town Needs Guns; en rentrant chez moi de nuit, casque fermement vissé sur les oreilles, mains dans les poches, affrontant une fine bruine, le visage illuminé par les phares des voitures, le corps bousculé aléatoirement par les passants pressés tandis que mon esprit s'évade dans leur musique.

Leur musique pousse justement à la réflexion. Que ce soit par les notes qui nous évoquent des images du passé ou les textes détachés, de citadin désabusé, de grand enfant qui réalise qu'être adulte n'est pas tout ce qu'on lui a promis que ce serait.
"I'm sorry I'm a bit down tonight, but all my friends have lost their mind, once more, I'm not happy here anymore" déclare t-il en ouverture de "26 is dancier than 4" qui ouvre la face de l'album qui leur est consacrée. Il étale ensuite ses conclusions sur sa vie sans s'en plaindre, avec un défaitisme touchant dans sa voix, "It's just the same as it was before, same faces and I hit the floor", proposant ensuite un échappatoire auquel il ne semble pas véritablement croire "and we danced to all the same songs, like back when we were young, so let's get out of here while we can". Divagations d'un alcool triste qui ne trouveront pas de suites. Bizarrement le titre de leur deuxième chanson "If I sit still maybe I'll get out of here" semble plus approprié à leur première, mais ils choisissent de l’utiliser pour illustrer une relation sentimentale avortée. Après toutes ses introspections le groupe s'externalise enfin en guise de cloture avec "It's not true Rufus, Don't listen to the hat" sur laquelle ils semblent pour la premières fois sortir de leurs pensées pour adresser directement une troisième personne "Have some faith, don't you know that this is not a race, and we are not contenders". Cette sortie du cocon s'accompagne de moments beaucoup plus rudes, dans lesquels les guitares s'alourdissent, comme pour les protéger lors de cette incursion finale dans le monde extérieur. "We can only be ignored" concluent-ils. Qu’ils se détrompent.

Une fois encore je ne peux que vous encourager à vous
procurer légalement cet album, pour un maigre 7£, et ainsi soutenir un groupe et un label qui en valent vraiment la peine, pour qui chaque centime compte. Les quatre chansons de Cats and Cats and Cats sont de plus fort agréables aussi. En attendant la suite.


Site officiel - Big Scary Monsters - Myspace


This Town Needs Guns - 26 is dancier than 4

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lundi 5 novembre 2007

SDOLE Live

J'ai participé à un petit projet "Un concert - Trois chroniques" pour le blog de ToX. L'idée était d'obtenir trois points de vue différents sur le concert de Strange Death of Liberal England de ce samedi 3 novembre à la Rotonde du Botanique. Vous pouvez admirer le résultat en cliquant ici. Encore merci à ToX pour l'invitation.

et voici ce que j'en avais à dire...

Une entrée rapide et discrète sur la scène d’une rotonde à moitié remplie. Un membre du groupe agite un carton blanc arborant le nom du groupe en guise d’introduction, prenant à revers le public achevant sa commande au bar et l’ingénieur du son qui peine à retrouver la manette pour arrêter la musique. Une petite heure plus tard Strange Death of Liberal England quittera le champ de bataille à l’issue d’un concert blitzkrieg, comme ils sont arrivés, agitant simplement une pancarte « Dank U ». Entre les deux, pas une minute de répit. Le groupe enchaîne les titres de son premier album sans interruptions, quitte à prolonger un petit solo de guitare ou de batterie superflu pour laisser le temps aux autres membre du groupe de se réaccorder avant de se lancer dans le morceau suivant. Tel un bataillon de jeunes soldats guidés par la fougue et quelques grandes idées, doués mais bordéliques, attachants mais énervants, ils mènent leur assaut musical de Bruxelles comme ils l’entendent, quitte à déplaire.

Tandis que le claviériste se tient au garde à vous, Adam Woolway, chanteur et guitariste en chef, mène les hostilités avec sa voix faussée qui a le don de séduire ou de dresser les cheveux selon les moments. Malheureusement le réglage du son laisse un peu à désirer (fait rarissime dans cette salle) et ne lui rend pas justice. Le reste du groupe se plait à échanger d’instruments, rajoutant ainsi de la dynamique sans vraiment convaincre pour autant. Il n’y a par exemple pas de véritable batteur mais bien trois musiciens avec une formation en tambour. Aucunement dérangeant, cela renforce la martialité des rythmiques sur la plupart des morceaux mais ne leur fait pas honneur dans les envolées. Leurs compositions restent aussi solides que sur le disque. « A Day another Day », « An Old Fashioned War » et « Oh Solitude » sont livrées fidèlement. Parfois trop fidèlement. On aurait pu imaginer un prolongement de « An old Fashioned War» pour entraîner véritablement le public dans leur combat mais ils optent pour une fin abrupte. L’assaut final se fait sur « I saw Evil » où ils lâcheront enfin tout pour emmener leur chanson au niveau supérieur.

Un groupe prometteur donc, encore (très) jeune, mais qui possède énormément de qualités et qu’il faudra continuer à suivre. Reste à voir également combien de temps ils pourront conserver leur approche muette de l’interaction avec le public et si ils seront capables de trouver une autre solution sans pour autant sacrifier de la théâtralité qui fait leur charme.